La neutralité du médiateur…… un travail d’équilibriste

La neutralité du médiateur…… un travail d’équilibriste

septembre 10, 2019 0 Par Catherine Dumas

 La neutralité du médiateur…un travail d’équilibriste, un entre-deux difficile mais pas impossible!

Cette neutralité va déjà devoir me questionner quand je reçois les médiés : Est-ce que cette médiation est faite pour moi ? Est-ce un sujet que je peux aborder ? Est-ce qu’il me rappelle ma propre histoire ou risque d’activer une corde sensible, trop sensible ?

Une fois le choix assumé d’intervenir comme médiateur, je vais tendre vers la neutralité mais je ne pourrai pas mettre mes valeurs et mes croyances de côté. C’est d’ailleurs cela qui fait que MA médiation sera unique et ne ressemblera pas à celle d’un autre médiateur. Pour autant, ma posture professionnelle va impliquer de ne pas avoir de projet pour les personnes, de ne pas conseiller, de ne pas décider, et d’écouter différents points de vue en n’en adoptant aucun.

Je vais mettre en veille mes propres émotions pour mieux comprendre les émotions des autres. Il ne s’agit pas de ne rien éprouver, mais d’être capable de se mettre au service des médiés, le temps de la médiation, pour être au plus près de LEUR réalité émotionnelle. J’assume ainsi ma posture de tiers dans toute sa difficulté.

Pendant la réunion commune J’active ma vigilance vis-à-vis de moi-même : Est-ce que tout le monde peut s’exprimer ? Est-ce que je ne favorise pas plus l’un que l’autre « instinctivement ou intuitivement » ? Est-ce que je suis juste ? Est-ce que je sais bien accueillir la colère de l’un comme le mutisme de l’autre ? La tristesse de l’un comme l’impatience de l’autre ?

Pour autant, cette auto-vigilance ne devra pas être perçue par les médiés comme si j’étais distancée voire méfiante. je reste consciente, confiante et impliquée.

Ce qui ne doit en aucun cas arriver :

C’est que mon espace émotionnel personnel prenne une place dans le processus car dans ce cas la posture de tiers neutre n’est plus assurée.

C’est que l’espace émotionnel de l’un prenne plus de place que celui de l’autre parce que je lui accorde une plus grande valeur et qu’ainsi je l’autorise à prendre plus de place.

Catherine Dumas