Sur le pouvoir de l’habitude et ceux qui vous disent : ……vous savez, moi je suis comme ça!

Sur le pouvoir de l’habitude et ceux qui vous disent : ……vous savez, moi je suis comme ça!

septembre 13, 2019 0 Par Catherine Dumas

The Power of habit

Courts extraits du livre Why we do what we do and how to change / Charles Duhigg (traduction faite maison-sauce Catherine)

Les processus habituels se produisent dans “le noyau” (basal ganglia) du cerveau, alors que les processus de changement, créatifs se passent à l’extérieur, autour. 

Le noyau (basal ganglia) nous permet de reconnaître des « cue » (les déclencheurs) qui mettent automatiquement en action des centaines de comportements, de décisions en marche par habitude (habit loop). Cela se fait sans avoir à fournir aucun effort. 

Le processus habituel émerge car l’humain essaie toujours de trouver un moyen d’économiser son énergie. Lorsqu’une habitude émerge le cerveau n’a pas besoin de participer dans sa totalité. Il s’économise. Il n’a plus besoin de prendre de décisions. La chaîne de l’automatisme se met en place. 

C’est en observant les habitudes que nous pouvons apprendre à les changer : en particulier en étudiant le déclencheur (cue) (pourquoi j’entre en mode habitude) et la récompense (reward) (c’est la récompense qui motive l’entrée dans la routine). 

Je vois un muffin au chocolat = je vais ressentir un bonheur total après l’avoir mangé ! Je me mets en mode habitude = j’ouvre l’armoire, je tends ma main vers le muffin et je le mange. 

Si je remplaçais le muffin par de la moutarde de Dijon ou si la récompense était, j’ai mal au foie toute la journée dès lors que je mange un muffin, je n’entrerais probablement pas dans le mode habitude. 

L’idée, si on veut changer les habitudes de quelqu’un étant de créer un autre besoin = Je me sens extrêmement bien de ne pas avoir cédé à la tentation du muffin, parce que j’ai besoin que mon diététicien me félicite, parce que je vais perdre des kilos, parce que je veux reconquérir ma femme ou autre…. Plusieurs raisons/récompenses assez fortes pour me motiver à changer mon habitude. Jusqu’à ce que le fait de résister devienne la nouvelle habitude : Je n’achète plus de muffins, j’en vois un je fais un grand détour, je le mets au fond du frigidaire pour le rendre invisible et je prends une carotte.

Une fois un autre besoin créé = l’endorphine afflue à l’idée de la récompense (principe de tout sport).

On peut changer le signal/déclencheur qui met une routine en marche par un besoin en marche vers une « nouvelle » récompense. 

On ne peut pas éradiquer les habitudes mais elles peuvent être remplacées par d’autres. Il est important pour qu’une habitude puisse changer que les personnes y croient ! Le groupe est souvent à l’origine de l’émergence de la croyance.

Si vous voulez arrêter de fumer il vous faudra remplacer le besoin de fumer par un autre et idéalement chercher le soutien d’un groupe d’anciens fumeurs pour vous aider à ne plus toucher à la nicotine. L’influence du groupe est énorme en particulier le groupe de personnes dont l’opinion vous importe. Ce n’est pas forcément d’ailleurs ceux avec lesquels nous avons le plus de liens!

Catherine : Charles Duhigg brode beaucoup autour de quelques bonnes idées. Ou peut-être est-ce mon esprit « très ciblé » qui n’a voulu retenir que peu idées, pour moi, inspirantes! Je n’ai pas pu m’empêcher à sa lecture d’y voir dans la boucle de l’habitude non pas l’accro au tabac, au jeu ou à l’alcool mais l’accro au « petit jeu humain » du ……vous savez moi je suis comme ça! Et qui veut dire …..Et ce n’est pas demain que cela va changer ma cocotte! En allusion à ces comportements souvent intolérables et si nous retenons la boucle de la routine (ou boucle systémique) on peut dire que tant que ces personnes y trouve une satisfaction, elles continueront cette routine de la colère 1) qui est trop souvent et facilement acceptée par l’entourage et 2) qui les déleste. Trouver un moyen de changer la routine d’un addict de la colère par une autre plus acceptable et respectueuse des autres pourrait finalement être plus facile qu’on ne le pense si, dès lors que la routine se mettait en marche, 1) l’entourage réagissait négativement et 2) la personne du fait de la réaction systématiquement négative des autres ne se sentait plus délestée mais mal. Un premier pas vers une solution et plus rapide que de passer par la lente case de la « formation à la CNV » ……Bon, c’est peut-être un peu tiré par les cheveux !!…..A essayer